Black Cherry : Visions sur le Métal Progressif et l'actualité

Musique Progressive et instants de vie, voilà un peu le sujet de mon Blog. Mais si la Musique est ma passion, la photo, le cinéma, les livres, les jeux et les sciences sont autant de thèmes aussi abordés ici. Bonne visite :)

27 mai 2009

Mulholland Drive

Mull

Mulholland Drive voilà un film qui a changé à jamais ma vie de spectateur. Même après de multiples projections ce voyage mentale et psychique me laisse toujours dans le même état de subjugation. Dans ses anciens films tels Lost Highway ou Twin Peaks, David Lynch explorait déjà ce qu’on pourrait appeler un monde ou les personnages sont incessamment confrontés aux reflets de leurs rêves ou pires cauchemars. Mais Mulholland Drive s’impose comme étant l’œuvre la plus maîtrisée tant au niveau du fond que de la forme. David Lynch développe un tel pouvoir hypnotique avec cette œuvre qu’il ne nous laisse pas sans émoi.

Mulholland Drive pourrait donc être à nouveau l’adaptation animée d’une introspection mentale, peinte dans un milieu glauque et très réaliste, où l’on retrouve tous les ingrédients et aspirations qui sont chères à notre auteur. Il remet donc à l’image les pulsions érotiques qui l’animent, éveillant à la fois complaisance et curiosité, et donnant au film une sensibilité à la chaleur surnaturelle. Une scène qui restera gravée dans la mémoire, tant par sa sensualité que par sa force d’interprétation, est celle ou Betty au milieu d’un acte lesbien transcendantale chuchote « I am in love with you ». A souligner aussi que beaucoup de scènes grotesques, voir incongrues, subviennent sans raison apparente, si ce n’est qu’elles sont essentiellement des symboles faisant office de guides dans le rêve que Diane, Betty ou Rita pourrait traverser…Toutes les questions que confrontent le film ne sont jamais résolues explicitement, ce qui nous oblige alors à imaginer ce que pourrait être Mulholand Drive : une fresque repoussant les lois de la chronologie, du sens donné aux images, aux dialogues, ou la mise en abîme d’une descente au fin fond d'un univers reflétant l’inquiétude et le doute des protagonistes principaux. Jamais l’on arrivera à reconstituer un semblant d’intrigue ou la trame de l’histoire. David se joue de nous tout au long des deux tableaux qu’il dessine, et prend un malin plaisir à dérouter son spectateur en l’abandonnant aux songes et aux troubles de la même manière qu’il guide ses acteurs vers une marche aveugle et tourmentée. 

Je n’ajouterai rien de plus ne voulant pas enfermer Mullholland Drive dans une bulle explicative et dévoiler ce qui fait toute la beauté de cette sphère mystique et paranoïaque. Regardons le plutôt comme une expérience de spectateur inoubliable ou l’évasion et la méditation n’ont jamais atteint de tels sommets. David Lynch émeut, dérange, apeure et interroge dans ce labyrinthe d’une profondeur énigmatique infinie qui redonne au mot « cinéma » toute sa dimension.

Toad

Posté par toad5425 à 19:30 - Cinéma - Commentaires [0] - Permalien [#]
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