Black Cherry : Visions sur le Métal Progressif et l'actualité

Musique Progressive et instants de vie, voilà un peu le sujet de mon Blog. Mais si la Musique est ma passion, la photo, le cinéma, les livres, les jeux et les sciences sont autant de thèmes aussi abordés ici. Bonne visite :)

08 juin 2009

Terminator Salvation, merci mais non merci.

Termi4

Si j'ai placé la photo de McG dans l'image ci-dessus, ce n'est surement pas pour honorer le bonhomme de son travail sur Terminator Salvation, mais bien pour que vous vous souveniez du visage de l'homme qui vient de gâcher un potentiel immense et qui, de manière général, n'est décidément pas un réalisateur. Alors que James Cameron utilisait des effets spéciaux spectaculaires pour servir une histoire travaillée et intelligente dans les deux premiers Terminator, McG a juger bon (à tord) de faire tout le contraire. Comme à l'accoutumée de nos jours, les enceintes de nos cinéma se voient mises à rude épreuve puisque le film se résume à une surenchère d'effets pyrotechniques et visuels, tout juste bons pour une pub ou un clip de Gorgoroth. Les fans de Transformers seront d'ailleurs ravis puisque l'on nous gratifie ici d'un terminator géant et des même effets sonores utilisés pour les bruitages des machines. Déplorable.

L'absurdité de l'histoire est elle à l'image de l'effet de désaturation des couleurs de la pellicule : froide et plate. Moins pour spoiler que pour vous fatiguer, je ne raconterai pas "l'histoire" de ce film, McG ne semblant pas y croire lui même tellement le montage est mal fichu. En effet, on passe ici d'une scène à l'autre sans fondement ou envi de faire éprouver ne serait-ce qu'une once de sentiment au spectateur. Tout cela saupoudré allègrement d'une quantité saisissante d'incohérences scénaristiques (prise USB sur les machines, terminators décidément très fragiles, bâtiments de Skynet taillés pour les humains avec lumières, placards et fauteuils ... ), d'un jeu d'acteur finalement inexistant, sans oublier que l'on ne nous épargne pas les dialogues débiles et creux, la philosophie carambar et autres envolés lyriques bourrées de bon sentiments dont seul les américains savent nous infliger, et vous obtenez un film pour décérébré. Même la bande originale est sans saveur, ce qui est intolérable pour un film ayant l'audace de porter l'estampille Terminator ...

Alors qu'il y a 18 ans, James Cameron réussissait la prouesse de nous faire chialer lors des adieux du terminator dans le chef d'oeuvre de SF qu'est Judgment Day, grâce notamment à une bande originale génialissime et une mise en scène parfaitement maîtrisée, McG parvient lui aussi à nous tirer une larme mais de déception et de nostalgie cette fois ci. De nostalgie pour un cinéma qui n'existe plus, un cinéma des effets spéciaux qui suivait une trame intelligente et garantissait alors au spéctateur des émotions variées et intenses. Finalement, c'est la nostalgie d'un cinéma qui respectait le spectateur qui prédomine, à l'heure où les suites sans queue ni tête s'enchainent à un rythme effrainé pour engranger toujours plus d'argent, le cinéma d'Hollywood semble bien parti vers une période d'obscurantisme créatif.

Allez, pour le plaisir des yeux et des oreilles :) http://www.youtube.com/watch?v=8RbL4PwTDsQ

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27 mai 2009

Mulholland Drive

Mull

Mulholland Drive voilà un film qui a changé à jamais ma vie de spectateur. Même après de multiples projections ce voyage mentale et psychique me laisse toujours dans le même état de subjugation. Dans ses anciens films tels Lost Highway ou Twin Peaks, David Lynch explorait déjà ce qu’on pourrait appeler un monde ou les personnages sont incessamment confrontés aux reflets de leurs rêves ou pires cauchemars. Mais Mulholland Drive s’impose comme étant l’œuvre la plus maîtrisée tant au niveau du fond que de la forme. David Lynch développe un tel pouvoir hypnotique avec cette œuvre qu’il ne nous laisse pas sans émoi.

Mulholland Drive pourrait donc être à nouveau l’adaptation animée d’une introspection mentale, peinte dans un milieu glauque et très réaliste, où l’on retrouve tous les ingrédients et aspirations qui sont chères à notre auteur. Il remet donc à l’image les pulsions érotiques qui l’animent, éveillant à la fois complaisance et curiosité, et donnant au film une sensibilité à la chaleur surnaturelle. Une scène qui restera gravée dans la mémoire, tant par sa sensualité que par sa force d’interprétation, est celle ou Betty au milieu d’un acte lesbien transcendantale chuchote « I am in love with you ». A souligner aussi que beaucoup de scènes grotesques, voir incongrues, subviennent sans raison apparente, si ce n’est qu’elles sont essentiellement des symboles faisant office de guides dans le rêve que Diane, Betty ou Rita pourrait traverser…Toutes les questions que confrontent le film ne sont jamais résolues explicitement, ce qui nous oblige alors à imaginer ce que pourrait être Mulholand Drive : une fresque repoussant les lois de la chronologie, du sens donné aux images, aux dialogues, ou la mise en abîme d’une descente au fin fond d'un univers reflétant l’inquiétude et le doute des protagonistes principaux. Jamais l’on arrivera à reconstituer un semblant d’intrigue ou la trame de l’histoire. David se joue de nous tout au long des deux tableaux qu’il dessine, et prend un malin plaisir à dérouter son spectateur en l’abandonnant aux songes et aux troubles de la même manière qu’il guide ses acteurs vers une marche aveugle et tourmentée. 

Je n’ajouterai rien de plus ne voulant pas enfermer Mullholland Drive dans une bulle explicative et dévoiler ce qui fait toute la beauté de cette sphère mystique et paranoïaque. Regardons le plutôt comme une expérience de spectateur inoubliable ou l’évasion et la méditation n’ont jamais atteint de tels sommets. David Lynch émeut, dérange, apeure et interroge dans ce labyrinthe d’une profondeur énigmatique infinie qui redonne au mot « cinéma » toute sa dimension.

Toad

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12 mai 2009

Dream Theater : Six Degrees of Inner Turbulence

Boite_6Degrees

Beaucoup de mauvaises critiques ont fait irruption lors de l’arrivée du double album Six Degrees of Inner Turbulence, et aux yeux de certains fan le groupe aurait même perdu un peu de son identité. En effet cet album a marqué un tournant dans la discographie du groupe, et n’a pas eu la tâche facile de succéder à l’implacable Scenes from a Memory sortie en 2000.

Pour ceux qui étaient restés sur les précédents albums les premières écoutes peuvent être déconcertantes et difficiles à digérer, surtout après les 13 minutes ultra cadencées et sombres à souhait de The Glass Prison. Si globalement la structure de leur chanson ne change pas avec cet album il n’en va pas de même avec le son ! L’ album marque l’arrivée de la légendaire « Siamoise » pour Mike Portnoy, nouveau joujou qu’il a dompté et n’a cessé de maîtriser aux fils des années. John Petrucci rajoute de son côté du gain, et donne à sa distorsion une toux légèrement plus grasse que précédemment. Quelque chose de nouveau certes, mais une nouvelle fois un album à la personnalité bien singulière qui au final se présente comme une œuvre désormais incontournable de l’histoire du groupe.

The Glass Prison donc, premier chapitre d’une longue série, nous raconte les déboires d’un homme piégé par l’emprise de l’alcool. Trouble, rage, appels au secours et désespoir, tels sont les thèmes abordés dans ce titre. Les musiciens choisissent d’interpréter tambours battants cette descente aux enfers. La chanson débute sur un crépitement d’onde radio, puis la cloche sonne alors pour laisser place à une introduction posée et lente, qui ne durera que très brièvement. En effet, passées les premières minutes Mike Portnoy sonne alors la charge usant avec entrain et frénésie de sa double pédale parfaitement millimétrée. Des riffs dopés à l’adrénaline d’une efficacité redoutable soutienne cette première partie particulièrement agressive et cadencée à vive allure. La seconde moitié subit une baisse de régime et laisse place à une batterie plus alambiquée appuyée de riffs lourds et discontinus. Ne délaissant pas la violence, les paroles insurgées par Labrie secondé des rugissements du duo Petrucci/Portnoy font l’effet d’une succession de coups de poing vifs et brutaux. Le final est à l’image d’un feu d’artifice de notes surgissant de tous les côtés et vient s’achever subitement sur le bruit d’un verre sauvagement brisé.

Une mise en abîme par un solo de synthé d’une douceur et d’une légèreté rare nous plonge dans l’atmosphère de Blind Faith. Ce morceau est sans aucun doute le plus évident puisqu’il a tout pour plaire. Labrie et Rudess sont à notre plus grand plaisir au service de la mélodie et du charme. Avec harmonie et chaleur James offre au cœur de la chanson l’une de ses plus belle intervention vocale. De même que Jordan Rudess nous fait succomber aux attraits séduisants d’un break de piano sublime au touché voluptueux et envoûtant.

Misunderstood, même si moins riche que les 2 opus précédents, possède des grands moments de bravoure insufflés par de très belles envolées lyriques. Des passages atypiques à la limite de l’agacement et du malaise, fortement teintés d’ambiguïté et d’incompréhension viennent aussi justifier le titre de la chanson.

Dream Theater poursuit sa course et s’impose une nouvelle fois avec un titre doté d’une impressionnante densité musicale : The Great Debate. Ce qui caractérise cette chanson c’est l’incroyable monté en puissance obtempéré par un Mike Portnoy en vogue. Commencent simplement , il multiplie tour à tour les accélérations, ne cessant de solliciter notre oreille par un festival de cymbales furtives, effleurées d’un touché surréaliste dont lui seul a le secret. Des effets de voix journalistique nous suivent aussi tout le long de l’intro contribuant à l’atmosphère grave et sérieuse du sujet abordé. Une fois la tension poussée à son paroxysme les instruments jaillissent et installent le débat. Chaque musicien, ne cessant tout le long de s’exprimer avec une efficacité et une dextérité qui poussent parfois à l’insolence, rendent ce titre dantesque. Il est alors remarquable de constater que chaque instrument exécute sa partition, sans l’ombre d’une hésitation démontrant ainsi les qualités et l’endurance hors pairs que détiennent chacun des musiciens.

On termine dans la délectation triste et mélancolique de Disappear, titre à la sensibilité sincère qui nous permet de souffler avant de redémarrer de plus belle avec la suite… Et quelle suite !

Dream Theater signe avec ce deuxième volet sa volonté de faire du progressif à proprement parlé. 41 minutes divisées en 8 chapitres nous immergent dans un voyage regorgeant de vie et d’humanité allant dans le sens de vagues parfois déchaînées, parfois dormantes. Et si tout faire ne rime pas forcément avec bien faire, cette longue suite fait exception à la règle. Dream Theater ne se prive donc pas de jouer dans tous les registres avec une justesse et une aisance qui force le respect.

Le préambule orchestrale fait office d’introduction résumant tous les thèmes musicaux développés par la suite. Comme je disais le groupe ne cesse de jongler d’un registre à l’autre. About to crash découpé en deux chansons marque les esprits de part son humeur joviale et triomphante. John Petrucci, alternant toujours avec brio virtuosité et mélodie, propose des solos composés de notes aux valeurs émotionnelles inestimables, suscitant des hauts le cœur jubilatoires. La reprise est quant à elle un grand moment musicale à couper le souffle. Les instruments fusionnent pour former un corps unique et parfaitement harmonisé.

Le chant maléfique invoqué par un James Labrie endiablé fait de War Inside My Head un titre à l’ambiance paranoïaque et cauchemardesque. The Test that Stumped All prolonge le côté noir avec une vivacité proche de celle évoqué dans The Glass Prison. Le jaillissement d’une pluie déferlante de note annonce la température, et les chants diaboliques de Mike Portnoy et James Labrie font de ce titre une chanson percutante à la sonorité originale.

Goodnightkiss et Solitary Shell marque le retour en force d’un Rudess plus qu’ inspiré. Usant d’effets à la sonorité enfantines, il recré ainsi le règne d’une atmosphère paisible et innocente à la fois. On ne boudera pas non plus les performances épique de James Labrie dans Grand Final/Losing Time qui donne un magnifique point final à ce long voyage musical.

Il est donc bien évidemment inutile de souligner qu’il est nécessaire d’avoir recours à plusieurs écoutes pour conquérir tous les tenants et aboutissants de cette véritable mine d’or auditive, sollicitant seconde après seconde le potentiel créatif et technique du groupe. Quant à la question de savoir si ils ont atteint l’apogée avec Scenes from a Memory, celle ci laisse à méditer, car selon moi, Six Degrees of Inner Turbulence est un condensé d’instants intenses et uniques symbolisant l’élan déterminé de Dream Theater à explorer de nouveaux horizons lyriques.

Toad

07 mai 2009

Opeth : Still Life

Boite_StillLife

Aucun adorateur de musique progressive ne me démentira, le plus grand plaisir que l'on retire d'écouter ce genre musical est bien de s'émerveiller en découvrant une nouvelle facette d'un morceau que l'on a pourtant écouté déjà 30 fois. Les compositions à tiroirs, les textes implicites et poétiques, les détails infimes mais indispensables, voilà les éléments font en partie la beauté de la musique dite progressive. Et Opeth en est l'exemple parfait. Avec Still Life, le groupe Suédois marque au fer blanc son nom dans le registre des plus grands groupes de metal progressif. Cette album sortie en 1999 restera fort longtemps dans les mémoires et constitue une valeur sûr indémodable.

Difficile d'accès, Sill Life l'est assurément. C'est d'ailleurs ce qui fait tout son charme. Car celui qui saura digérer les 7 titres qui composent cette album sera récompensé par un plaisir incommensurable et surtout intarissable. On le sentait déjà venir avec Morningrise, Opeth en avait dans le ventre. Il aura fallu attendre 3 ans pour que ce potentiel incroyable se concrétise enfin pour notre plus grand bonheur, à travers ce concept album traitant de l'exclusion d'un homme de son village pour athéisme. Celui ci reviendra alors 15 ans plus tard par amour pour Melinda et fera tout pour la récupérer.

The Moor, premier titre de Sill Life, raconte cette exclusion. La chanson commence par une complainte mélancolique et lancinante jouée à la guitare électrique. Les toujours magnifiques guitares sèches prennent alors le relais pour amorcer la monté en puissance du morceau. Ce qui frappe d'abords, quand la distorsion et la batterie commencent à rugir, c'est la tournure progressive que va prendre l'album. L'alternance du chant guttural et du chant clair s'effectue très tôt dans la chanson, il en ressort alors un ambiance envoûtante, les riffs de guitare forts de leur authenticité et de leur puissance aidant. Les guitares sèches reviennent sur la fin pour achever de peindre cette ambiance que l'on retrouvera tout au long de l'album, à savoir une atmosphère de souffrance, de regret, teintée de confusion et de désarrois. L'amour est ici aussi présent. Il est en fait au centre des nombreux thèmes abordés.

Cet amour que tente de retrouver le personnage principal dans Godhead's Lament, Melinda, se trouve être devenue une nonne. Cette chanson démarre sur un riff et une mélodie improbable, complètement perturbant et déroutant lors de la première écoute, à la limite de l'inharmonie. Cela colle pourtant parfaitement à l'ambiance du retour du héros dans son village 15 ans plus tard et aux sentiments qu'il doit éprouver. L'atmosphère très noire du début se transforme alors en une débauche mélodique. Mikael Åkerfeldt entonne, sur une mélodie débordante d'émotion, ce que l'on peut appeler le refrain. Il est en effet assez difficile de trouver une quelconque construction dite classique dans les compositions d'Opeth. Il est plutôt préférable de parler ici d'histoire transcrite en musique. Je ne cacherai pas que c'est le style de composition qui me touche le plus, car il semble évident que sous cette forme la musique n'a que pour seul objectif de servir les paroles. La partie acoustique de Godhead's Lament est quant à elle tout simplement sublime, doublée d'une ligne de chant qui s'inscrit dans la tête immédiatement.

Acoustique, Benighted l'est entièrement. Cette ode à Melinda dépeint le désir du protagoniste d'arracher les chaînes que sa religion à refermé autour d'elle, et ainsi  récupérer son amour perdu. Entièrement joué aux doigts, les arpèges d'une simplicité seulement apparente évoluent dans les gamme mineurs propres à Opeth, et favorisent la construction d'une atmosphère dense et envoûtante. Åkerfeldt use uniquement de sa voix clair ici, et fait encore preuve de son talent d'écrivain-poète au travers des différentes rîmes suivies et embrassées de la chanson. Sur la fin, la batterie de Martin Lopez et la basse de Martin Mendes font ressortir toute l'ampleur groovy des guitares sèches.

Nous arrivons à la moitié de l'album, et ce n'est sans doute pas un hasard si Moonlapse Vertigo est située à ce moment là. Il s'agit en effet de la clé de voute, non seulement de l'album, puisque l'on apprend ici que l'exilé va revoir Melinda  et à quel point il hait le conseil du village qui l'a banni autrefois, mais de toute la discographie d'Opeth. Tous les éléments qui caractérisent la musique du groupe sont ici réunis pour montrer ce que le metal progressif à de plus beau et d'intense. Rock, Death, Jazz, Prog, les riffs s'enchaînent inlassablement avec une cohérence déconcertante. Les guitares électriques et acoustiques s'embrassent d'abords, se fondent puis s'entrechoquent. La même danse  stylistique s'effectue au niveau du chant, Åkerfeldt usant alternativement du grunt et de sa voix claire. Le talent des musiciens n'est alors plus en doute lorsque  le superbe mais très court solo jazzy retentit, introduit grâce à une transition exemplaire d'efficacité. Que la musique semble facile lorsque l'on écoute ces Suédois. Il n'en est rien pourtant.

Face of Melinda est alors parfaite pour nous remettre de nos émotions, dans un premier temps en tout cas. Structurée de façon classique, la chanson comporte néanmoins deux parties distinctes. La première est acoustique, ponctuée de notes de guitare électrique en son clair, la batterie est discrète et se contente de cymbales et d'une caisse claire frappée d'une baguette balais. Cette pseudo balade à la sauce Opeth ne tarde pourtant pas à faire rugir les voix distordues des guitares électrique de Peter Lindgren et de Mikael Åkerfeldt dans la deuxième partie. Les riffs sont alors tranchants, accompagnant des lignes de chant et des paroles émouvantes et poétiques. L'atmosphère rendue est poignante, toute autant que l'histoire puisque Melinda, se surprenant elle même, avoue enfin à notre héros qu'elle est toujours amoureuse de lui. Celle ci s'endort auprès de lui sur ces paroles, qui seront aussi ses dernières : My promise is made but my heart is thine.

A son réveil il est seul. Il découvre alors que Melinda fut emportée dans son sommeil et la retrouve sans vie, un sillon rouge  autour de la gorge. La mort, voilà le prix à payer lorsque l'ont trahie sa foi. L'exilé commence alors, dans une explosion de rage et de folie, à tuer les soldats responsables de son malheur et ceux tentant de l'en empêcher, jusqu'à ce qu'il soit grièvement blessé et tombe d'épuisement. Le héros refusant de se repentir, la mort l'attend lui aussi. Mais alors que le bourreau passe la corde à son coup, il sent une main sur son épaule, et voit Melinda derrière lui, prête à l'accueillir dans son repos éternel. Voilà les derniers instants du protagoniste racontés aux travers des deux morceaux les plus orientés Death de l'album. Néanmoins le côté progressif est toujours présent, comme en témoignent les nombreux changements de rythmes, notamment celui intervenant au début de Serenity Painted Death, marquant sur un riff surpuissant le début de la folie meurtrière du héros. Le refrain est quant à lui difficile à digérer, au même titre que l'intro de Godhead's Lament, mais fonctionne terriblement bien dans le contexte des paroles. White Cluster nous gratifie elle d'un mélange Death-acoustique-prog dont seul Opeth en a le secret pour un moment de musique inoubliable. L'outro est teintée de mélancolie et de tristesse, marquant la fin de l'histoire tragique de ce couple, victime d'une religion aveugle et cruelle, aux dogmes à la limite de l'absurde et aux fidèles que trop nombreux.

Pour résumer, Sill Life est un chef d'oeuvre du metal progressif et de la musique en générale, garant de qualités à l'épreuve du temps, contant son histoire en prose sur une musique d'une complexité et d'une richesse saisissante, fruit d'un travail colossal et sans aucun doute d'un esprit génial, et d'une qualité globale bien au delà de la somme de ses parties.

Yann


N.B. : Still Life est disponible ici en version remasterisée et en 5.1 dans une édition en carton rigide contenant deux disques et un booklet regroupant les artworks magnifiques, toujours signées Travis Smith, retraçant l'histoire de l'album.

05 mai 2009

Dream Theater sonne la charge !

Pour rappel, le prochain album de Dream Theater sort le 23 Juin prochain, et Portnoy et ses potes semblent avoir mis les petits plats dans les grands pour satisfaire les fans que nous sommes. Ainsi, pour les plus exigeants, une version collector édité à seulement 2000 en France nous est proposé en pré-commande sur Amazon.fr ou encore la Fnac. La pochette, en velours s'il vous plait, contient 4 CDs, 2 vinyls et pour les plus chanceux une énorme surprise, mais voyez plutôt en détails :

Disque 1 :  “ Black Clouds & Silver Linings

    1. A Nightmare To Remember (16.10)
    2. A Rite Of Passage (08.35)
    3. Wither (05.25)
    4. The Shattered Fortress (12.49)
    5. The Best Of Times (13.07)
    6. The Count Of Tuscany (19.16)

Disque 2 : CD Bonus contenant 6 reprises inédites. Les titres seront dévoilés 6 semaines avant la sortie de l’album.

Disque 3 : CD Bonus contenant la version instrumentale de chaque titre.

Disque 4 : L’utilisateur pourra utiliser ce CD Rom pour remixer les titres de l’album.

2 vinyls LP : Album intégral sur disque vinyle.

Avec en plus : Lithographie numérotée, tapis de souris et un ticket argent. 100 tickets seront mis au hasard dans les versions collectors, les heureux gagnants auront la possibilité de rencontrer le groupe lors de leur prochain concert.

Un contenu énorme donc, pour un prix avoisinant les 60€. Cela peut paraître élevé, mais il faut avouer que les bonus, non content d'être nombreux, sont assez originaux, les versions instrumentales étant du pain béni pour les gratteux et chanteurs en herbe.

Yann

DT1

Mise à jour : Le site Roadrunner Records propose en libre téléchargement le nouveau single " A Rite Of Passage ", extrait du prochain album de Dream Theater Black Clouds & Silver Linings. Pour l'avoir écouté plusieurs fois, je peux seulement dire, sans vous gâcher le plaisir, que cela ressemble à du DT aux hormones, dans la lignée des titres présents sur Systematic Chaos. Une bonne nouvelle pour certains, une bien mauvaise pour d'autres ...

logo

Mise à jour 2 : Depuis peu on voit fleurir sur le net quelques chroniques sur Black Clouds & Silver Linings. Nous essaierons de tenir une liste exhaustive de celles ci, qu'elles soient en français ou en anglais.

www.auxportesdumetal.com  17/20

www.progressia.net       Attention celle ci est un poisson d'avril

www.metalchroniques.fr        9.5/10

www.progressivwaves.com     8/10

04 mai 2009

Nouvelle Recrue

Bonjour à tous, me voilà nouveau membre chroniqueur sur ce blog. Je voudrais avant tout remercier mon cher confrère Yann pour m’avoir intégré à la rédaction. J’aurai donc désormais le plaisir de partager avec vous la passion et l’engouement que je dédie à la musique, au cinéma ou au jeu vidéo.

Pour avant propos je soulignerai que je suis assigné à la même école que Yann pour tout ce qui est relatif au genre progressif et que nous avons à peu de chose prés les mêmes penchants et attentes en ce qui concerne ce style. Je pratique aussi la guitare depuis maintenant 7 ans mais ne dispose pas à ce jour de propre composition, cela viendra peut être… Pour ce qui est du reste je suis un boulimique de cinéma et de films en tout genre, attendez vous donc à la publication de critiques de ma part sur : des films, des séries, des réalisateurs, ou même sur les seuls performances d’acteurs ou actrices. J’apprécie aussi les jeux vidéo mais je ne développerai que très peu de sujet dans ce domaine, j’ai plus le rang de cinéphile et de musicien passionné que de « Gamer ». 

Sur ce je vous laisse avec quelques photos qui en disent long sur moi et sur ce que j'aime. Rendez vous lors de ma prochaine parution !

Toad

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Du Sang certifié " La Belle Rouge "

Après de multiples versions, Yann semble être maintenant satisfait quant à la qualité de l'enregistrement de First Blood. A la sortie un résultat de 8 min 44 purement instrumentale et brillant. Toujours aux services de la mélodie et du rythme, First Blood contient tous les éléments propres au genre progressif. Ce titre est bercé tout du long par une ligne mélodique conductrice omniprésente, parsemée de riffs, d'arpèges, et de très belles envolées virtuoses, pour finalement aboutir sur une fin à la fois épique et mélancolique. On distingue cependant 2 parties bien distinctes et volontairement équivalentes, marquées par une rupture à la guitare sèche et au piano d'une beauté salvatrice! Pour finir je dirais que le coup de grâce se situe entre 7:05 et 7:37 ou le duo piano/guitare nappé ne manque pas d'éveiller pour ma part un débordement jouissif de frissonnement et d'enthousiasme !
Notons qu'il n'a pas la marge de manœuvre d'un Dream Theater pour le mixage studio et tutti quanti et qu'il faudra donc patienter pour le prochain titre ! En effet je ne suis pas sans savoir que ce premier jet de sang n'est que l'annonce d'un prochain torrent de notes qui, croyez moi, s'annonce être tout aussi révélateur des qualités musicales de ce nouveau virtuose encore méconnu dans le milieu ...

Toad

RR

Le morceau First Blood est disponible à l'écoute dans le lecteur last.fm en haut à gauche. Si vous désirez une copie en format mp3 du morceau il suffit de demander et elle vous sera envoyée.

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22 mars 2009

Pain of Salvation : Scarsick

Boite_Scarsick3

Si la sortie d'un nouveau disque de Pain of Salvation est toujours un moment excitant c'est, entre autres bonnes raisons, parcequ'on est quasiment sûr de ne pas être déçu par la qualité des morceaux s'y trouvant. Le dernier album BE avait mit la barre très haut, malgré un concept ultra-ambitieux avec lequel de nombreux groupes se seraient cassé la gueule. Mais ce n'est pourtant pas pour cela que j'ai été déçu de ce Scarsick lors des premières écoutes. Heureusement les suivantes m'ont ouvert les yeux : Scarsick est un grand album de metal progressif !

Comme souvent avec ces Suédois, le principal atout de leur musique sont les paroles. Ici POS dénonce un système socialo-économico-politique pourri jusqu'à la moelle, où la part belle est faite à la superficialité et au matérialisme. C'est un thème récurant chez ce groupe qui dénonçait aussi le pouvoir de l'argent dans leur chanson Dea Pecuniae par exemple, présente sur BE. Soulignons que Scarsick est la deuxième partie de The Perfect Element, sortit en 2000. On ne retrouve cependant aucun des thèmes musicaux introduits dans la première partie. Ce que l'on retrouve par contre c'est le génie des mélodies émotionnelles, la monté en puissance de certaines compositions mais aussi et surtout la voie inimitable de Daniel Gildenlöw, toujours aussi juste et belle. Il se permet aussi comme par le passé un débit de parole impressionnant lors des séquences de chant rap comme dans le tonitruant Scarsick ou l'incroyable Spitfall, mais c'est aussi avec plaisir que l'on peut l'entendre vociférer, à s'en dérailler la voix, dans Flame to the Moth.
Le côté metal est d'ailleurs bien plus prononcé dans cet album. Scarsick ( la chanson ) déménage dès le début, avec une distorsion des plus tranchantes et grasses à la fois. Cette chanson, comme toutes les autres de l'album d'ailleurs, fourmille d'innombrables trouvailles au niveau des effets sonores. Que se soit au clavier, à la guitare ou à la bouche, ceux ci contribuent fortement à créer une atmosphère unique. Ainsi les chansons sont incroyablement riches et denses, l'oreille est constamment sollicitée, créant de multiples niveaux d'écoutes.

L'autre force des Suédois est de parvenir à trouver des refrains on ne peut plus accrocheurs, sans pour autant tomber dans le convenu. Les passages mélodiques, intenses et émotionnelles, prennent aux tripes et sont souvent l'occasions d'envolées lyriques. Spitfall est sûrement un parfait exemple. Les couplets sont d'une noirceur rare, tant au niveau du rythme à la fois lourd et groovy de la batterie, que de la guitare et du piano, ce dernier participant à cette ambiance grâce à seulement quatre notes, mais d'une efficacité déconcertante.
L'album comporte trois chansons basées sur à peu de choses près le même schéma : une montée en puissance pour finir sur un apothéose vocale et instrumentale, pour un résultat éblouissant. Cribcaged, Kingdom of Loss et Enter Rain sont ces trois joyaux. Le premier est une dénonciation violente de l'illusion d'importance et de bien être que provoquent le pouvoir et l'argent. Démarrant sur des rires d'enfants, Daniel prend vite le relay. C'est sa voie et elle seule qui guide l'auditeur vers des émotions fortes, car ici point n'est question de solo de guitare ou de partie instrumentale délirante.

Kingdom of Loss est la suite de l'énorme King of Loss. Ici aussi le matérialisme et autre "éphémèrisation" de la société où  tout est à vendre sont dénoncées. Niveau musique on trouve certaines pointes d'originalités avec des phrasés en double croche à la guitare très stylés mafia italienne et une flute soulignant le chant. Les mélodies et les lignes de chants sont encore et toujours somptueuses et chargées d'émotions. La fin du morceaux en est représentatif grâce à ses paroles : As you’re tearing down my world, please just try to do it gently...there’s still love inside for the dream that had to die.
Idiocracy
est mon grand coup de cœur. Gros accords de piano, riffs de guitare suffoqués, nappes de clavier envoutantes, batterie entrainante toute en finesse, sonorités diverses et variées au niveau de la voie et de la guitare. Non décidément je ne vois pas de point noir à cette chanson incroyable à l'ambiance sombre, teintée d'espoir lors des refrains. Si une chape de plomb écrasante menace tout au long de la chanson, c'est avec brio que celle ci vole en éclat lors du final magistralement mené par la voie de Daniel. Mais malgré tout  ces superlatifs, ma description ne rend pourtant pas assez hommage à mon goût à ce morceau.
C'est avec une chanson très prog de 10 minutes, Enter Rain, que l'album s'achève. Et de fort belle manière puisque l'ambiance mystérieuse et inquiétante de cette piste est très réussie. Dans l'ensemble assez lente et calme, certains passage sont assez agressifs comme lors du refrain ou de la fin pour donner de la pêche à cette chanson misant surtout sur l'ambiance et l'atmosphère.

La raison pour laquelle je n'ai pas parlé de America et Disco Queen est que ces deux titres sont pour moi les seuls faiblesses de Scarsick. En effet si America passe encore, mais ne constitue toutefois pas un grand intérêt, Disco Queen va parcontre trop loin dans le délirant, mélangeant le metal et le Disco. Même si certains passages de ces chansons ne manquent pas de qualités, la force intrinsèque de ceux ci ne me paraît pas suffisante. Ceci n'est que mon humble avis.
Pour conclure, si Scarsick est un album très réussi, il m'a surtout rappelé une règle on ne peut plus vraie, à respecter lorsque l'on écoute du metal progressif : ne jamais se fier à sa première impression.
Parce que Scarsick est un album à tiroirs, comme tous les albums de Pain of Salvation, il est nécessaire de l'écouter de nombreuses fois pour en savourer chaque minute, à l'instar de nombreux autres albums dans ce genre musical. C'est l'une des nombreuses raisons qui fait que le metal prog est si intéressant et riche. Cela sera vrai en tout cas tant qu'il y aura des groupes comme Pain of Salvation et des musiciens aussi talentueux pour faire vivre cette musique.

Yann


Posté par Belhoriann à 20:48 - Chroniques - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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