12 mai 2009
Dream Theater : Six Degrees of Inner Turbulence
Beaucoup de mauvaises critiques ont fait irruption lors de l’arrivée du double album Six Degrees of Inner Turbulence, et aux yeux de certains fan le groupe aurait même perdu un peu de son identité. En effet cet album a marqué un tournant dans la discographie du groupe, et n’a pas eu la tâche facile de succéder à l’implacable Scenes from a Memory sortie en 2000.
Pour ceux qui étaient restés sur les précédents albums les premières écoutes peuvent être déconcertantes et difficiles à digérer, surtout après les 13 minutes ultra cadencées et sombres à souhait de The Glass Prison. Si globalement la structure de leur chanson ne change pas avec cet album il n’en va pas de même avec le son ! L’ album marque l’arrivée de la légendaire « Siamoise » pour Mike Portnoy, nouveau joujou qu’il a dompté et n’a cessé de maîtriser aux fils des années. John Petrucci rajoute de son côté du gain, et donne à sa distorsion une toux légèrement plus grasse que précédemment. Quelque chose de nouveau certes, mais une nouvelle fois un album à la personnalité bien singulière qui au final se présente comme une œuvre désormais incontournable de l’histoire du groupe.
The Glass Prison donc, premier chapitre d’une longue série, nous raconte les déboires d’un homme piégé par l’emprise de l’alcool. Trouble, rage, appels au secours et désespoir, tels sont les thèmes abordés dans ce titre. Les musiciens choisissent d’interpréter tambours battants cette descente aux enfers. La chanson débute sur un crépitement d’onde radio, puis la cloche sonne alors pour laisser place à une introduction posée et lente, qui ne durera que très brièvement. En effet, passées les premières minutes Mike Portnoy sonne alors la charge usant avec entrain et frénésie de sa double pédale parfaitement millimétrée. Des riffs dopés à l’adrénaline d’une efficacité redoutable soutienne cette première partie particulièrement agressive et cadencée à vive allure. La seconde moitié subit une baisse de régime et laisse place à une batterie plus alambiquée appuyée de riffs lourds et discontinus. Ne délaissant pas la violence, les paroles insurgées par Labrie secondé des rugissements du duo Petrucci/Portnoy font l’effet d’une succession de coups de poing vifs et brutaux. Le final est à l’image d’un feu d’artifice de notes surgissant de tous les côtés et vient s’achever subitement sur le bruit d’un verre sauvagement brisé.
Une mise en abîme par un solo de synthé d’une douceur et d’une légèreté rare nous plonge dans l’atmosphère de Blind Faith. Ce morceau est sans aucun doute le plus évident puisqu’il a tout pour plaire. Labrie et Rudess sont à notre plus grand plaisir au service de la mélodie et du charme. Avec harmonie et chaleur James offre au cœur de la chanson l’une de ses plus belle intervention vocale. De même que Jordan Rudess nous fait succomber aux attraits séduisants d’un break de piano sublime au touché voluptueux et envoûtant.
Misunderstood, même si moins riche que les 2 opus précédents, possède des grands moments de bravoure insufflés par de très belles envolées lyriques. Des passages atypiques à la limite de l’agacement et du malaise, fortement teintés d’ambiguïté et d’incompréhension viennent aussi justifier le titre de la chanson.
Dream Theater poursuit sa course et s’impose une nouvelle fois avec un titre doté d’une impressionnante densité musicale : The Great Debate. Ce qui caractérise cette chanson c’est l’incroyable monté en puissance obtempéré par un Mike Portnoy en vogue. Commencent simplement , il multiplie tour à tour les accélérations, ne cessant de solliciter notre oreille par un festival de cymbales furtives, effleurées d’un touché surréaliste dont lui seul a le secret. Des effets de voix journalistique nous suivent aussi tout le long de l’intro contribuant à l’atmosphère grave et sérieuse du sujet abordé. Une fois la tension poussée à son paroxysme les instruments jaillissent et installent le débat. Chaque musicien, ne cessant tout le long de s’exprimer avec une efficacité et une dextérité qui poussent parfois à l’insolence, rendent ce titre dantesque. Il est alors remarquable de constater que chaque instrument exécute sa partition, sans l’ombre d’une hésitation démontrant ainsi les qualités et l’endurance hors pairs que détiennent chacun des musiciens.
On termine dans la délectation triste et mélancolique de Disappear, titre à la sensibilité sincère qui nous permet de souffler avant de redémarrer de plus belle avec la suite… Et quelle suite !
Dream Theater signe avec ce deuxième volet sa volonté de faire du progressif à proprement parlé. 41 minutes divisées en 8 chapitres nous immergent dans un voyage regorgeant de vie et d’humanité allant dans le sens de vagues parfois déchaînées, parfois dormantes. Et si tout faire ne rime pas forcément avec bien faire, cette longue suite fait exception à la règle. Dream Theater ne se prive donc pas de jouer dans tous les registres avec une justesse et une aisance qui force le respect.
Le préambule orchestrale fait office d’introduction résumant tous les thèmes musicaux développés par la suite. Comme je disais le groupe ne cesse de jongler d’un registre à l’autre. About to crash découpé en deux chansons marque les esprits de part son humeur joviale et triomphante. John Petrucci, alternant toujours avec brio virtuosité et mélodie, propose des solos composés de notes aux valeurs émotionnelles inestimables, suscitant des hauts le cœur jubilatoires. La reprise est quant à elle un grand moment musicale à couper le souffle. Les instruments fusionnent pour former un corps unique et parfaitement harmonisé.
Le chant maléfique invoqué par un James Labrie endiablé fait de War Inside My Head un titre à l’ambiance paranoïaque et cauchemardesque. The Test that Stumped All prolonge le côté noir avec une vivacité proche de celle évoqué dans The Glass Prison. Le jaillissement d’une pluie déferlante de note annonce la température, et les chants diaboliques de Mike Portnoy et James Labrie font de ce titre une chanson percutante à la sonorité originale.
Goodnightkiss et Solitary Shell marque le retour en force d’un Rudess plus qu’ inspiré. Usant d’effets à la sonorité enfantines, il recré ainsi le règne d’une atmosphère paisible et innocente à la fois. On ne boudera pas non plus les performances épique de James Labrie dans Grand Final/Losing Time qui donne un magnifique point final à ce long voyage musical.
Il est donc bien évidemment inutile de souligner qu’il est nécessaire d’avoir recours à plusieurs écoutes pour conquérir tous les tenants et aboutissants de cette véritable mine d’or auditive, sollicitant seconde après seconde le potentiel créatif et technique du groupe. Quant à la question de savoir si ils ont atteint l’apogée avec Scenes from a Memory, celle ci laisse à méditer, car selon moi, Six Degrees of Inner Turbulence est un condensé d’instants intenses et uniques symbolisant l’élan déterminé de Dream Theater à explorer de nouveaux horizons lyriques.
Toad
07 mai 2009
Opeth : Still Life
Aucun adorateur de musique progressive ne me démentira, le plus grand plaisir que l'on retire d'écouter ce genre musical est bien de s'émerveiller en découvrant une nouvelle facette d'un morceau que l'on a pourtant écouté déjà 30 fois. Les compositions à tiroirs, les textes implicites et poétiques, les détails infimes mais indispensables, voilà les éléments font en partie la beauté de la musique dite progressive. Et Opeth en est l'exemple parfait. Avec Still Life, le groupe Suédois marque au fer blanc son nom dans le registre des plus grands groupes de metal progressif. Cette album sortie en 1999 restera fort longtemps dans les mémoires et constitue une valeur sûr indémodable.
Difficile d'accès, Sill Life l'est assurément. C'est d'ailleurs ce qui fait tout son charme. Car celui qui saura digérer les 7 titres qui composent cette album sera récompensé par un plaisir incommensurable et surtout intarissable. On le sentait déjà venir avec Morningrise, Opeth en avait dans le ventre. Il aura fallu attendre 3 ans pour que ce potentiel incroyable se concrétise enfin pour notre plus grand bonheur, à travers ce concept album traitant de l'exclusion d'un homme de son village pour athéisme. Celui ci reviendra alors 15 ans plus tard par amour pour Melinda et fera tout pour la récupérer.
The Moor, premier titre de Sill Life, raconte cette exclusion. La chanson commence par une complainte mélancolique et lancinante jouée à la guitare électrique. Les toujours magnifiques guitares sèches prennent alors le relais pour amorcer la monté en puissance du morceau. Ce qui frappe d'abords, quand la distorsion et la batterie commencent à rugir, c'est la tournure progressive que va prendre l'album. L'alternance du chant guttural et du chant clair s'effectue très tôt dans la chanson, il en ressort alors un ambiance envoûtante, les riffs de guitare forts de leur authenticité et de leur puissance aidant. Les guitares sèches reviennent sur la fin pour achever de peindre cette ambiance que l'on retrouvera tout au long de l'album, à savoir une atmosphère de souffrance, de regret, teintée de confusion et de désarrois. L'amour est ici aussi présent. Il est en fait au centre des nombreux thèmes abordés.
Cet amour que tente de retrouver le personnage principal dans Godhead's Lament, Melinda, se trouve être devenue une nonne. Cette chanson démarre sur un riff et une mélodie improbable, complètement perturbant et déroutant lors de la première écoute, à la limite de l'inharmonie. Cela colle pourtant parfaitement à l'ambiance du retour du héros dans son village 15 ans plus tard et aux sentiments qu'il doit éprouver. L'atmosphère très noire du début se transforme alors en une débauche mélodique. Mikael Åkerfeldt entonne, sur une mélodie débordante d'émotion, ce que l'on peut appeler le refrain. Il est en effet assez difficile de trouver une quelconque construction dite classique dans les compositions d'Opeth. Il est plutôt préférable de parler ici d'histoire transcrite en musique. Je ne cacherai pas que c'est le style de composition qui me touche le plus, car il semble évident que sous cette forme la musique n'a que pour seul objectif de servir les paroles. La partie acoustique de Godhead's Lament est quant à elle tout simplement sublime, doublée d'une ligne de chant qui s'inscrit dans la tête immédiatement.
Acoustique, Benighted l'est entièrement. Cette ode à Melinda dépeint le désir du protagoniste d'arracher les chaînes que sa religion à refermé autour d'elle, et ainsi récupérer son amour perdu. Entièrement joué aux doigts, les arpèges d'une simplicité seulement apparente évoluent dans les gamme mineurs propres à Opeth, et favorisent la construction d'une atmosphère dense et envoûtante. Åkerfeldt use uniquement de sa voix clair ici, et fait encore preuve de son talent d'écrivain-poète au travers des différentes rîmes suivies et embrassées de la chanson. Sur la fin, la batterie de Martin Lopez et la basse de Martin Mendes font ressortir toute l'ampleur groovy des guitares sèches.
Nous arrivons à la moitié de l'album, et ce n'est sans doute pas un hasard si Moonlapse Vertigo est située à ce moment là. Il s'agit en effet de la clé de voute, non seulement de l'album, puisque l'on apprend ici que l'exilé va revoir Melinda et à quel point il hait le conseil du village qui l'a banni autrefois, mais de toute la discographie d'Opeth. Tous les éléments qui caractérisent la musique du groupe sont ici réunis pour montrer ce que le metal progressif à de plus beau et d'intense. Rock, Death, Jazz, Prog, les riffs s'enchaînent inlassablement avec une cohérence déconcertante. Les guitares électriques et acoustiques s'embrassent d'abords, se fondent puis s'entrechoquent. La même danse stylistique s'effectue au niveau du chant, Åkerfeldt usant alternativement du grunt et de sa voix claire. Le talent des musiciens n'est alors plus en doute lorsque le superbe mais très court solo jazzy retentit, introduit grâce à une transition exemplaire d'efficacité. Que la musique semble facile lorsque l'on écoute ces Suédois. Il n'en est rien pourtant.
Face of Melinda est alors parfaite pour nous remettre de nos émotions, dans un premier temps en tout cas. Structurée de façon classique, la chanson comporte néanmoins deux parties distinctes. La première est acoustique, ponctuée de notes de guitare électrique en son clair, la batterie est discrète et se contente de cymbales et d'une caisse claire frappée d'une baguette balais. Cette pseudo balade à la sauce Opeth ne tarde pourtant pas à faire rugir les voix distordues des guitares électrique de Peter Lindgren et de Mikael Åkerfeldt dans la deuxième partie. Les riffs sont alors tranchants, accompagnant des lignes de chant et des paroles émouvantes et poétiques. L'atmosphère rendue est poignante, toute autant que l'histoire puisque Melinda, se surprenant elle même, avoue enfin à notre héros qu'elle est toujours amoureuse de lui. Celle ci s'endort auprès de lui sur ces paroles, qui seront aussi ses dernières : My promise is made but my heart is thine.
A son réveil il est seul. Il découvre alors que Melinda fut emportée dans son sommeil et la retrouve sans vie, un sillon rouge autour de la gorge. La mort, voilà le prix à payer lorsque l'ont trahie sa foi. L'exilé commence alors, dans une explosion de rage et de folie, à tuer les soldats responsables de son malheur et ceux tentant de l'en empêcher, jusqu'à ce qu'il soit grièvement blessé et tombe d'épuisement. Le héros refusant de se repentir, la mort l'attend lui aussi. Mais alors que le bourreau passe la corde à son coup, il sent une main sur son épaule, et voit Melinda derrière lui, prête à l'accueillir dans son repos éternel. Voilà les derniers instants du protagoniste racontés aux travers des deux morceaux les plus orientés Death de l'album. Néanmoins le côté progressif est toujours présent, comme en témoignent les nombreux changements de rythmes, notamment celui intervenant au début de Serenity Painted Death, marquant sur un riff surpuissant le début de la folie meurtrière du héros. Le refrain est quant à lui difficile à digérer, au même titre que l'intro de Godhead's Lament, mais fonctionne terriblement bien dans le contexte des paroles. White Cluster nous gratifie elle d'un mélange Death-acoustique-prog dont seul Opeth en a le secret pour un moment de musique inoubliable. L'outro est teintée de mélancolie et de tristesse, marquant la fin de l'histoire tragique de ce couple, victime d'une religion aveugle et cruelle, aux dogmes à la limite de l'absurde et aux fidèles que trop nombreux.
Pour résumer, Sill Life est un chef d'oeuvre du metal progressif et de la musique en générale, garant de qualités à l'épreuve du temps, contant son histoire en prose sur une musique d'une complexité et d'une richesse saisissante, fruit d'un travail colossal et sans aucun doute d'un esprit génial, et d'une qualité globale bien au delà de la somme de ses parties.
Yann
N.B. : Still Life est disponible ici en version remasterisée et en 5.1 dans une édition en carton rigide contenant deux disques et un booklet regroupant les artworks magnifiques, toujours signées Travis Smith, retraçant l'histoire de l'album.
22 mars 2009
Pain of Salvation : Scarsick
Si la sortie d'un nouveau disque de Pain of Salvation est toujours un moment excitant c'est, entre autres bonnes raisons, parcequ'on est quasiment sûr de ne pas être déçu par la qualité des morceaux s'y trouvant. Le dernier album BE avait mit la barre très haut, malgré un concept ultra-ambitieux avec lequel de nombreux groupes se seraient cassé la gueule. Mais ce n'est pourtant pas pour cela que j'ai été déçu de ce Scarsick lors des premières écoutes. Heureusement les suivantes m'ont ouvert les yeux : Scarsick est un grand album de metal progressif !
Comme souvent avec ces Suédois, le principal atout de leur musique sont les paroles. Ici POS dénonce un système socialo-économico-politique pourri jusqu'à la moelle, où la part belle est faite à la superficialité et au matérialisme. C'est un thème récurant chez ce groupe qui dénonçait aussi le pouvoir de l'argent dans leur chanson Dea Pecuniae par exemple, présente sur BE. Soulignons que Scarsick est la deuxième partie de The Perfect Element, sortit en 2000. On ne retrouve cependant aucun des thèmes musicaux introduits dans la première partie. Ce que l'on retrouve par contre c'est le génie des mélodies émotionnelles, la monté en puissance de certaines compositions mais aussi et surtout la voie inimitable de Daniel Gildenlöw, toujours aussi juste et belle. Il se permet aussi comme par le passé un débit de parole impressionnant lors des séquences de chant rap comme dans le tonitruant Scarsick ou l'incroyable Spitfall, mais c'est aussi avec plaisir que l'on peut l'entendre vociférer, à s'en dérailler la voix, dans Flame to the Moth.
Le côté metal est d'ailleurs bien plus prononcé dans cet album. Scarsick ( la chanson ) déménage dès le début, avec une distorsion des plus tranchantes et grasses à la fois. Cette chanson, comme toutes les autres de l'album d'ailleurs, fourmille d'innombrables trouvailles au niveau des effets sonores. Que se soit au clavier, à la guitare ou à la bouche, ceux ci contribuent fortement à créer une atmosphère unique. Ainsi les chansons sont incroyablement riches et denses, l'oreille est constamment sollicitée, créant de multiples niveaux d'écoutes.
L'autre force des Suédois est de parvenir à trouver des refrains on ne peut plus accrocheurs, sans pour autant tomber dans le convenu. Les passages mélodiques, intenses et émotionnelles, prennent aux tripes et sont souvent l'occasions d'envolées lyriques. Spitfall est sûrement un parfait exemple. Les couplets sont d'une noirceur rare, tant au niveau du rythme à la fois lourd et groovy de la batterie, que de la guitare et du piano, ce dernier participant à cette ambiance grâce à seulement quatre notes, mais d'une efficacité déconcertante.
L'album comporte trois chansons basées sur à peu de choses près le même schéma : une montée en puissance pour finir sur un apothéose vocale et instrumentale, pour un résultat éblouissant. Cribcaged, Kingdom of Loss et Enter Rain sont ces trois joyaux. Le premier est une dénonciation violente de l'illusion d'importance et de bien être que provoquent le pouvoir et l'argent. Démarrant sur des rires d'enfants, Daniel prend vite le relay. C'est sa voie et elle seule qui guide l'auditeur vers des émotions fortes, car ici point n'est question de solo de guitare ou de partie instrumentale délirante.
Kingdom of Loss est la suite de l'énorme King of Loss. Ici aussi le matérialisme et autre "éphémèrisation" de la société où tout est à vendre sont dénoncées. Niveau musique on trouve certaines pointes d'originalités avec des phrasés en double croche à la guitare très stylés mafia italienne et une flute soulignant le chant. Les mélodies et les lignes de chants sont encore et toujours somptueuses et chargées d'émotions. La fin du morceaux en est représentatif grâce à ses paroles : As you’re tearing down my world, please just try to do it gently...there’s still love inside for the dream that had to die.
Idiocracy est mon grand coup de cœur. Gros accords de piano, riffs de guitare suffoqués, nappes de clavier envoutantes, batterie entrainante toute en finesse, sonorités diverses et variées au niveau de la voie et de la guitare. Non décidément je ne vois pas de point noir à cette chanson incroyable à l'ambiance sombre, teintée d'espoir lors des refrains. Si une chape de plomb écrasante menace tout au long de la chanson, c'est avec brio que celle ci vole en éclat lors du final magistralement mené par la voie de Daniel. Mais malgré tout ces superlatifs, ma description ne rend pourtant pas assez hommage à mon goût à ce morceau.
C'est avec une chanson très prog de 10 minutes, Enter Rain, que l'album s'achève. Et de fort belle manière puisque l'ambiance mystérieuse et inquiétante de cette piste est très réussie. Dans l'ensemble assez lente et calme, certains passage sont assez agressifs comme lors du refrain ou de la fin pour donner de la pêche à cette chanson misant surtout sur l'ambiance et l'atmosphère.
La raison pour laquelle je n'ai pas parlé de America et Disco Queen est que ces deux titres sont pour moi les seuls faiblesses de Scarsick. En effet si America passe encore, mais ne constitue toutefois pas un grand intérêt, Disco Queen va parcontre trop loin dans le délirant, mélangeant le metal et le Disco. Même si certains passages de ces chansons ne manquent pas de qualités, la force intrinsèque de ceux ci ne me paraît pas suffisante. Ceci n'est que mon humble avis.
Pour conclure, si Scarsick est un album très réussi, il m'a surtout rappelé une règle on ne peut plus vraie, à respecter lorsque l'on écoute du metal progressif : ne jamais se fier à sa première impression.
Parce que Scarsick est un album à tiroirs, comme tous les albums de Pain of Salvation, il est nécessaire de l'écouter de nombreuses fois pour en savourer chaque minute, à l'instar de nombreux autres albums dans ce genre musical. C'est l'une des nombreuses raisons qui fait que le metal prog est si intéressant et riche. Cela sera vrai en tout cas tant qu'il y aura des groupes comme Pain of Salvation et des musiciens aussi talentueux pour faire vivre cette musique.
Yann
04 mars 2009
Les songes du fantôme
Pour parler de l'album d'Opeth
intitulé Ghost Reveries, j'avais d'abord envi
d'afficher en gros la jaquette de l'album. Non seulement elle est
sublime, une habitude avec ce groupe, mais elle représente
superbement l'ambiance générale de l'album. Tiens,
dorénavant tous les articles que je ferais sur les disques d'
Opeth commenceront par la jaquette de ceux ci. Si un détail
important est souvent négligé par nombre de groupe de
Metal, c'est bien celui de la réalisation de la jaquette.
Celle ci est pourtant à mes yeux la partie indispensable à
réussir pour garantir non seulement à captiver
l'auditeur mais aussi à lui permettre de pénétrer
dans notre monde. Ne regardent on pas la pochette d'un album en
l'écoutant pour la première fois ? C'est d'autant plus
important de nos jour de ce démarquer avec une œuvre
graphique originale en guise de jaquette puisqu'il semblerai que
désormais la mode, en ce qui concerne la musique populaire en
tout cas, soit de foutre sa tronche en gros plan sur son album. Mais
ceci est une autre histoire...
Parlons de Ghost Reveries.
Quelle claque, mais quelle claque !! C'est dur de se relever après
avoir subit la baffe monumentale que nous assène cet album
tout simplement génial. Bon vous êtes prévenus je
ne vais en dire que du bien par la suite (ou preque).
Commençons
par le commencement. Ghost of Perdition entame les hostilités.
Pour ma part, lorsque je découvre un album de Metal
progressif, je m'attend rarement à être cloué au
mur dès la première chanson. Ici les 10:27 que dure la
première piste laisse augurer du meilleur, du grand Opeth.
Le début est brutal, avec gros riff et grunt en folie. On note
une forte présence du synthé, joué par Per
Wiberg, engagé depuis Ghost Reveries dans le groupe
en tant que titulaire.
Ceci pour le meilleur puisque les
compositions n'en sont que plus profondes. S'en suit une partie
acoustique tout à fait envoutante, typique des Suédois,
avec un chant fantomatique dont on retrouvera la mélodie à
la fin de la chanson pour une conclusion épique. A 4:10, la
chanson repart sur un riff suffoqué et un chant cristallin
sublime pour monter en puissante grâce à des riffs plus
impressionnants d'ingéniosité les uns que les autres.
Bref pour une première chanson cela fait beaucoup à
digérer mais qu'est-ce que c'est bon !
The Baying of the
Hounds poursuit la tendance. Long, fort et intense. On peut voir
5 parties dans cette chansons, qui sont alternativement brutales et
douces. On assiste à un vrai festival d'alternance au niveau
sonorités et ambiances, Akerfleldt à l'aise aussi bien
en grunt qu'en chant doux ou clair.
Beneath the Mire est
une chanson assez dure à digérer tellement les riffs
sont nombreux. Malgré sont penchant brutale, cette composition
comporte un passage calme de toute beauté avec un solo très
inspiré démontrant encore les qualités
techniques du groupe.
Si certains n'apprécies guère
Atonement à cause d'un certain manque de punch, je la
trouve parfaitement placée au sein de l'album. En effet cette
chanson constitue une oasis de plénitude, bourrée de
sonorités orientales et de petits effets au niveau de la voix
et du synthé. Superbe musique atmosphérique à la
sauce Opeth.
Composition Metal magistrale s'il en est,
Reverie/Harlequin Forest propose des riffs tranchants toujours
plus mélodieux et péchus. Comme dans toutes les
chansons précédentes, la batterie est impériale.
Tant puissant que musical, ce Martín Lopez joua un rôle
magnifique tout au long de sa carrière parmi Opeth. Son jeu de
cymbale et ses rythmes toujours recherchés constituent un
atout majeur pour Ghost Reveries.
Hours of Wealth
est pourtant une chanson entièrement sans batterie. Les arpège
de guitares électrique et sèche sont accompagnés
par une basse profonde et un synthé des plus aériens,
créant une atmosphère unique. Vient alors le chant
clair de Mikeal. Mêlant paroles poétiques et lignes de
chant frissonnantes, son intervention laisse la place à un
solo de guitare très posé en son clair. Jazzy.
The
Grand Conjuration. Retenons bien ce nom, car c'est probablement la
chanson la plus sombre que nous ait jamais proposé Opeth. Un
riff dévastateur ultra-glauque s'installe et ne nous lâchera
plus durant tout la chanson, créant une atmosphère
oppressante. Le chant chuchoté et les diverses voix susurrées,
fantomatiques, venant de nul part ne font que renforcer cette
sensation. Au chant grunt puissant et profond d'achever notre voyage
au royaume des ténèbres. Gotique à souhait,
cette composition ne plaira pas à tout le monde. Mais après
l'avoir détester, je ne peux plus imaginer Ghost Reveries
sans cette pièce maîtresse qu'est The Grand
Conjuration.
Une fois n'est pas coutume, cette album des
Suédois s'achève sur une note de douceur, avec
Isolation Years. Cependant qui dit douceur ne veut pas dire
gaieté. En effet cette chanson est triste et mélancolique
à souhait, comme sait si bien le faire ces génie du
Nord. Sont au programme synthé, basse et guitare le tout
accompagnant la voix clair de Mike.
Une superbe conclusion en
somme.
Cet album est pour moi une superbe réussite, marquant à la fois l'arrivée de Per Wiberg et le départ du guitariste Peter Lindgren. Tout en continuant d'évoluer dans leur musique, les musiciens Opeth restent tout de même fidèles à eux même en conservant cette touche de mélancolie et de complexité chères aux fan du groupe.
Ce que je préfère chez eux est surement le fait que lorsque l'on me demande quel genre de musique c'est, je ne peux que répondre " Metal-death-progressif-folk-jazzy-atmosphèrique-mélancolique-émotionnel " !
Yann
25 février 2009
Dark Suns
Dark Suns se devait bien d'apparaître dans mon blog, qui, sans prétention aucune, a pour but de parler d'un peu de tout mais surtout de musique progressive. Ce groupe Allemand formé en 1997 en est à son 4 ème album, ce dernier étant intitulé Grave Human Genuine. Après un Swanlike (2002) très orienté Death Metal, c'est avec un album beaucoup plus prog que Dark Suns se fait vraiment remarquer et respecter. Je parle de l' excellent concept-album Existence (2005). Malgré un son plutôt épuré et un manque d'originalité niveau sonorité, cet album consitue toutefois une bien belle expérience musicale grâce à des titres superbes tels que A Slumbering Portrait, le planant Abiding Space ou encore l'épique Patterns Of Oblivion.
N'ayant pas encore écouté Grave Human Genuine, je ne peux seulement affirmer qu'il fut très bien accueilli par la critique, souvent comparé à du Pain Of Salvation. La présence de l'ancien bassiste du groupe, Kristoffer Gildenlöw, y est peut-être pour quelque chose...
En tous les cas je ne peux que vous conseiller d'écouter cette petite perle qu'est Existence, album qui constitue pour moi une autre facette du metal progressif, parfaitement complémentaire aux styles de Pendragon, Dream Theater ou encore Opeth.
Yann
19 février 2009
Pendragon : Pure
Un ami m'a récemment fait découvrir le dernier album des Anglais de Pendragon, joliment intitulé Pure. Et le moins que l'on puisse dire c'est que cette galette est un concentré de pures moments de beauté musicale. L'accent British fortement prononcé de Nick Barret, les arpèges cristallins, les nappes atmosphériques et les pointes d'originalités parsemées tout au long de l'album tels que les chants et sonorités ethniques font de chaque chanson un moment unique, bourré d'émotion diverses et variés. Parfois épiques, les riffs sont souvent tournés vers des sonorités plus Metal progressif, avec une batterie agressive et particulièrement emplie de finesse, surtout lors des parties instrumentales, jouissives ! On ne boudera pas non plus son plaisir d'entendre la guitare rugir lors des nombreux riff suffoqués, grâce notamment aux mesures en 7/8 que j'affectionne tout particulièrement, comme dans la première chanson du disc Indigo.
Avec sa durée de 4:26 et son riff d'introduction tranchant, The Freak Show fait office de chanson taillée pour la radio. Et pourtant, ce titre sonne superbement et confirme qu'une chanson courte peut tout de même être efficace dans le monde sur prog. Les musiciens de Pengragon on cependant pensé aux amoureux (comme moi ) des chansons "à rallonge" découpées en plusieurs tracks. Comatose est en effet séparée en trois parties bien distinctes, chacune possédant son atmosphère et ses atouts propres. D'une cohérence fulgurante, cette chanson typiquement progressive en marquera plus d'un de par sa beauté tout d'abord, mais aussi par sa construction originale, mélange de passage tantôt atmosphériques, tantôt sombres et dures, aux élans électroniques et inquiétants, ainsi que ses rythmes de batterie entrainants, pour enfin conclure sur une partie chantée rappelant les grandes œuvres de Pink Floyd.
It's Only Me étant la dernière chanson de l'album, sa divine beauté n'en est que plus évidente. Alors que certains albums se terminent par une débauche de rage et de furie, tel Still Life avec White Cluster du côté d'Opeth, Pure se conclue par une chanson très émotionnelle, teintée de mélancolie et d'espoir à la fois. Cette envolée progressive s'achève par un solo plus que touchant comme il en existe peu, accompagnépar les nappes de synthé de Clive Nolan et par le chant magnifique d'un Nick Barret décidement très en forme.
Voilà, je vous laisse avec les Artworks vraiment somptueux de l'album et du futur DVD. Un vrai coup de coeur pour les yeux et les oreilles.
Yann
20 décembre 2008
Opeth ou quand la musique devient schizophrène...
Opeth, un nom de groupe atypique pour une musique qui l'est tout autant. Si l'on se réfère du côté littéraire, Opet signifie " La fille de la Lune " et est le nom de l'Empire fictif crée par Wilbur Smith dans son lire Sunbird. Déjà on peut entrevoir la dualité du groupe en se penchant sur son nom. Son leader Mikeal Akerfeldt semblant vouloir nous montrer dans chacune de ces compositions les deux faces de la Lune, l'une après l'autre.
Mélancolie et rage. Brutalité et douceur. Mystère et triste évidence. Chaque partie embellissant l'autre.
C'est donc parois le côté clair qui est à l'honneur, chargé d'ambiances planantes et de guitares folks, de voix cristallines et de lignes de batterie épurées. Soudainement le côté sombre fait son entrée fracassante à coup de double pédale rythmant le légendaire grunt du chanteur sur fond de riff complexe, mêlant souvent acoustique et électrique pour un effet dévastateur de beauté.
Chaque groupe a son album " clé de voûte ", la pièce maîtresse que l'on conseillera au néophyte souhaitant s'essayer à un nouveau son. Pour Opeth il s'agit de Blackwater Park. Mais en ce qui concerne ces épatants Suédois il ne s'agit pas d'une pierre mais bel et bien d'une montagne tellement l'album est une réussite à tous les niveaux. Une personne m'a dit un jour " C'est bien simple, que je commence à écouter Blackwater Park je ne peux rien entreprendre d'autre avant de l'avoir écouter en entier ". Cela résume plutôt bien ce que provoque cet album sur quiconque aime la musique de ses Suédois visionnaires ou le metal en général. Cette œuvre regroupe tous les visages, toutes les couleurs de leur musique. Chaque chanson est un voyage en eau trouble qui s'éclaircit au fil des écoutes. Une terrible sensation de fraicheur musical s'en dégage alors. Car c'est bien cet album que vous écouterez encore à l'âge de 60 ans, celui ci situé dans votre discothèque entre les vinyles de Led Zeppelin et de Vivaldi.
Mais si l'on peut qualifier la musique de Led Zep comme du hard rock sauce 70's et celle de Vivaldi comme du classique, bien malin sera celui qui saura décrire la musique d'Opeth ne serait-ce qu'en trois mots. Car c'est bien un mélange de metal, death, folk, progressif, black, jazz, atmosphérico-mélancolico-gothique auquel on est confronté ici. Très déstabilisant de prime abord ( c'est rien de le dire ), les changements de rythmes et de sonorités constituent un mets exquis pour nos oreilles en constante recherche de stimulus mélodiques. Les compositions atteignant souvent les 10 minutes et ne suivant que rarement le schéma couplet/refrain/couplet ô combien ennuyeux, c'est toute une histoire qui a le temps de s'installer afin de mieux nous transporter dans les forets brumeuse de Suède. Déservie par des paroles poêtique aux rimes savant, traitant du doute, de la mélancolie, parfois d'amour et souvent d'introspection, les disc d'Opeth sont de véritable romans noirs poétiques. Agrémentez le tout de somptueux artworks comme dans la version collector du dernier Watershed et vous comprendrez peut être pourquoi je hisse ce groupe au dessus de tous. Je me demande si ce n'est pas justement l'air nordique qui inspire autant ces messieux car de Suède aussi provient les mélodies envoûtantes de Pain of Salvation, groupe qui mérite tout autant un billet entier tellement leur style est unique. Peut être les géants américains de Dream Theater devraient y faire un tour de ce côté ci de l'Europe ...
Yann








